Les Sulfates en cosmétique : on en parle mais qu’est-ce que c’est ?

savon_mousse_sulfatesDe plus en plus, surtout dans la cosmétique Bio, vous voyez la mention « Sans sulfates » apparaître. Comme souvent, c’est avec les mentions « sans » quelque chose que l’on découvre ce quelque chose. Et comme le fabricant semble prendre la peine de dire que son produit est « sans » ceci ou cela, c’est sans doute que l’ingrédient en question ne doit pas être très recommandable.

Intéressons-nous aux sulfates. Ce sont des ingrédients synthétiques, partiellement à base de soufre. Ce sont des tensio-actifs, et ils agissent en tant qu’agent de surface composé d’eau et d’huiles solubles qui, avec de l’eau, mousse et émulsionne les corps gras. Les sulfates ont ainsi une action détergente, et l’un des plus courants, le Sodium Lauryl Sulfate (SLS) est couramment utilisé comme détergent industriel pour les sols et les moteurs.

Les sulfates sont donc en général fabriqués à base de soufre, d’un dérivé de vaseline, et une grande partie de la molécule provient de l’alcool laurique (dérivé de noix de coco et plus couramment d’huile de palme). Dans le cas des sulfates, l’alcool laurique réagit avec l’acide sulfurique que l’on fabrique en général à partir de vaseline.

Les industriels aiment les sulfates pour plusieurs raisons : ils ne sont pas chers; ils permettent de faire bien mousser les produits; ils favorisent la conservation; ils stabilisent les formules. On estime que plus de 90% des shampooings et gels douche utilisent du SLS, le plus courant.

Quel est le problème alors ? Et bien les sulfates sont très irritants ! D’ailleurs, dans les études dermatologiques, on l’utilise comme irritant de référence. La première étude ayant montré l’effet irritant du SLS date d’il y a déjà 30 ans ! On considère que le SLS est irritant dès 0,5% de concentration, et on retrouve pourtant des concentrations de 30% dans certains savons sur le marché ! Outre l’inconfort que le côté détergent amène (picotements, tiraillements…), le problème est que les sulfates détruisent les lipides cutanés qui servent à maintenir la peau hydratée. Comme l’indique Anne-Marie Gabelica, ingénieur agronome diplômée en biochimie, spécialiste des cosmétiques, et fondatrice de la marque cosmétique Bio oOlution, le danger des sulfates est encore plus important que cela:

"Désolé, c'était du maquillage hyper-allergénique !"
« Désolé, c’était du maquillage hyper-allergénique ! »

« Plus préoccupant encore, les effets des détergents sulfatés ne se limitent pas à la surface de la peau : ils sont capables de pénétrer dans les tissus et de se fixer en résidus dans les zones du cœur, du foie, des poumons ou encore du cerveau. Le SLS particulièrement a des « taux de pénétration élevés (qui) peuvent survenir y compris pour des utilisations à faible concentration ».

Son cousin le SLES – Sodium Laureth Sulfate (obtenu par éthoxylation du SLS) est légèrement moins irritant que la molécule d’origine. Cependant il est très difficilement éliminé par le foie : son passage dans l’organisme est donc beaucoup plus long, sa métabolisation plus pénible et vorace en énergie, ce qui rend ses effets sur les organes  durablement plus néfastes.  Heureusement, le Sodium Laureth Sulfate est interdit dans les cosmétiques bio.

Plus grave encore, en altérant les protéines de la peau, les détergents sulfatés ouvrent également la voie à d’autres molécules cancérigènes ou toxiques de notre environnement. Elles leur permettent de pénétrer plus profondément dans la peau, augmentant ainsi les risques pour l’organisme5. Non seulement toxiques pour les organes, elles perturbent aussi le bon fonctionnement hormonal. Ces molécules peuvent en effet se fixer sur les récepteurs de l’hormone appelée œstrogène. Ils miment alors ses effets, constituant des perturbateurs endocriniens. À ce titre, ils participent à l’augmentation des cancers féminins dits œstrogeno-dépendants tels que le cancer du sein hormono-dépendant et celui de l’utérus. Chez les hommes, les perturbateurs endocriniens sont fortement soupçonnés d’avoir entrainé la chute drastique de la fertilité observée dans les dernières décennies.

A noter que les détergents sulfatés peuvent également se transformer en composés cancérogènes par réaction avec d’autres molécules très répandues dans les shampooings comme le triethanolamine, le cocamide MEA ou DEA, ou encore le lauramide MEA ou DEA. Parallèlement à cela, le dioxide d’éthylène servant à transformer le SLS en SLES est lui-même un cancérogène reconnu.

Enfin, le Sodium Lauryl Sulfate se montre particulièrement nocif pour les enfants. Rapidement absorbé par l’œil, il peut y rester présent pendant 5 jours. Avec un taux d’absorption particulièrement élevé chez les jeunes et des effets néfastes sur les protéines, leur accumulation peut poser de sérieux problèmes de développement de l’œil chez un enfant. »

Concrètement, le contact régulier avec les sulfates se matérialise par : l’apparition de comédons sur la peau, une peau et des cheveux à tendance grasse, des pointes sèches et cassantes, etc. Pourquoi supporter cela, alors que la cosmétique Bio a trouvé des solutions pour s’en passer ? Il faut certes intégrer le fait que « plus ça mousse, mieux c’est », c’est faux ! En tout cas, après quelques semaines ou mois sans sulfates, vous constaterez que votre peau et vos cheveux s’en passent très bien, et se portent beaucoup mieux !

Encore une fois, maintenant que vous avez la connaissance, vous devenez responsable et devez faire un choix ! Et cela commence par vos choix d’achats…

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